Solange « A Seat at the Table » @@@@½


Deux frangines ont grimpé au sommet des charts américains dès la semaine de démarrage de cette année 2016, une première historique. Et cet exploit, on le doit aux soeurs Knowles, Beyoncé et sa cadette Solange, qui a livré au début de l’automne son troisième opus A Seat at the Table. Sans détrôner la reine, Solange apporte avec son nouvel album (surprise) d’indéniables arguments pour nous incliner devant elle.

Considérer Solange comme « la petite soeur de » est une bêtise, depuis le début. Huit ans après ses débuts en solo, la graine a germé en un très bel arbre. Elle-même auteure et compositrice, la chanteuse marque sa différence sans l’imposer, tout se déroule naturellement, par l’écoute, sans tours de communication ni d’ensorcèlement par une chorégraphie musclée. Avec Solange, tout n’est que douceur et délicatesse, et les mots manquent pour décrire les moments de grâce qui passent sur A Seat at the Table.

Alors autant parler des éléments clefs de cet album. Solange a créé un espace de bien-être pour elle et sa musique dans une soul contemporaine agrémentée de sonorités électroniques. Dans cet espace s’y rassemblent des noms comme Raphael Saadiq, Sir Dylan, Andre 3000 (qui co-écrit « Junie« ), Lil Wayne (étonnant sur « Mad« ), Sampha, Dave Sitek… Et oui, c’est bien Tweet que l’on entend sur « Weary« , Q-Tip chante derrière elle sur « Borderline » et Kelly Rowland des Destiny’s Child fait un cameo sur un interlude. En parlant d’interludes, « No Limits » et « For Us By Us » racontent la success-story du label No Limit Records, à travers la voix de Master P en personne! Lui donner la parole pour décrire l’histoire d’une réussite d’un afro-américain embrassant le rêve américain est un autre coup de génie, d’abord parce que Percy Miller représente le South d’où vient la famille Knowles. On retrouve en guise de clin d’oeil des éléments de cuivres à la KLC sur le downtempo « F.U.B.U.« , chantant « this shit is for us ». The-Dream et BJ Chicago Kid offrent une touche masculine au morceau dans les dernières minutes, la partie vocale de BJ est légèrement enivrante.

Parmi le lot de massages forts de ces massages auditifs, la question raciale est sereinement évoquée sur le single « Don’t Touch My Hair« , succédant un monologue de sa mère femme d’affaire Tina Knowles. Il s’agit d’un avertissement pacifique, mais péremptoire, qui en amène d’autres « don’t touch my pride, don’t touch my soul », qui souligne le symbolisme de la chevelure. Sur une note plus légère, entendre sa superbe voix comme sur « Cranes in the Sky » est un véritable bonheur. On ne voit pas le temps passer.

Solange n’est pas cachée dans l’ombre de son iconique aînée, elle sillonne en pleine lumière sur son propre chemin pour que puisse briller un talent fou qui ne demande qu’à s’émanciper, ce qu’elle réussit prodigieusement avec A Seat at the Table. Nul besoin de déclarer qu’elle a surpassé Beyoncé sur bien des points, c’est manifeste, sinon de marquer sa nette différence en terme de style. Un album qu’on ferait bien et qui fait bon d’écouter.

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