Ugly Heroes « Everything in Between » @@@@½


C’est l’histoire de trois bon gars aux airs de truands décrivant un monde brut. Ugly Heroes est le nom donné au trio formé par le producteur Apollo Brown et les MCs undergrond Verbal Kent et Red Pill. Fort d’un premier album éponyme qui reçu un bel accueil, ce trio de héros invisibles récidivent avec Everything in Between en mettant la barre plus haute que leur album éponyme en bonifiant leur recette hip hop authentique.

On entend souvent l’expression ‘vrai hip hop’ pour parler en réalité de rap boom bap aux rimes crachées par des rappeurs underground, le genre de truc apprécié des puristes. Les Ugly Heroes reviennent à ces fondamentaux, à la nuance près qu’il s’agit plus de ‘hip hop vrai’. « Today Right Now » donne le ton et le thème d’entrée, avec ces côtés vrais, réalistes, frais, fatalistes. Red Pill et VK prennent la parole pour les classes plus basses que terre empilées dans des tours de bétons. Avec simplicité et modestie, le poids des mots et la force des flows, ils déblaient tous les sujets, comme la pauvreté, le chômage, les nécessiteux, les opprimés, la planète qui tourne pas rond, des tranches de vie de tous les jours qu’ils relatent le long des quatorze titres de l’album, plus spécialement sur « Peace of Mind » et « Daisies« . « C’est une obligation artistique de refléter ce qu’il se passe dans le monde » disent-ils. Pas question de montrer qui est plus fort que qui ou d’étaler des richesses, il y a des choses plus graves et dures dans la vie, cet album est une gifle qui nous rappelle à la triste réalité.

Apollo Brown est en très grosse forme, trouvant le schéma de beat idéal pour chaque sample soulful grésillant qu’il utilise. Coup de choeur pour « Choir Practice« , coups de coeur pour « Place Called Home« , coup dans le coeur avec « Daisies« , coup de foudre pour « Soul Searching » pour l’accordéon. Apollo a été à la bonne école, celle des disciplines de RZA et 9th Wonder, ça s’entend depuis ses débuts mais cette fois il utilise moins que précédemment les effets d’allongements  qui donnent ces impressions de linéarité par vagues. Associé au  flow vinaigré de Verbal Kent, que l’on a rarement entendu aussi dur ces temps-ci que sur « This World« , ou la sincérité désarmante et alarmante de Red Pill, cette combinaison de grands talents peut créer ce petit miracle auditif.

Pour conclure sobrement, Everything In Between des Ugly Heroes est un très très bon album hip-hop. La norme pour un album tamponné Mello Music Group n’est-ce pas.

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