R Kelly « Buffet » [deluxe] @@@½


Et voilà le… j’sais-pas-combien-tième album de Robert Kelly, le proclamé King du R&B devant l’Éternel aujourd’hui âgé de… pas loin de la cinquantaine. Dans Black Panties, son précédent album, R Kelly portait le masque de ces parties fines dans lesquelles ils rêvaient de manger des femmes comme des… « Oreo« . C’est vrai que trempé du dans lait… hum, bref. L’appétit du chanteur semble illimité, place maintenant au Buffet.

Humeur : DSK. Attitude : tablette de pilules bleues dans la poche. Une minute à peine la lecture démarrée… qu’on entend R Kelly faire des bruits de succions tendancieux sur « The Poem« , un texte bourré de sous-entendus gros comme des camions où les victuailles représentant des parties du corps. Ces lubricités très… premier degré ne sont que les préliminaires de « Poetic Sex« , chanson porno-romantique écrite avec les codes actuels du r&b (« pussy is my adress »). C’est le principal reproche que l’on peut faire à Buffet, chante à la manière des jeunes d’aujourd’hui avec leurs phrasés trap, voix transformées en studio… (« Switch Up« , « Poetic Sex« , « I Tried » et d’autres chansons encore). Quel sens donner au mot « originalité » ou « créativité » si le grand ponte du R&B ne fait que suivre les tendances du moment…? Le résultat est réussi et loin d’être insipide, néanmoins R Kelly n’est plus la locomotive d’un genre sur lequel il a régné en maître de longues années. Pour preuve il fait appel aux figures du r&b masculin (Ty Dolla $ign qui perd sa voix dans les aigus sur « Anything Goes« , Jeremih sur « Switch Up » feat Lil Wayne) et féminin (le duo « Let’s Make Some Noise » avec Jhene Aiko et « Let’s Be Real Now » avec Tinashe). C’était quoi déjà son dernier grand album… Love Letter?

Et à chaque fois que Robert se met à parler de cul sans aucune finesse, c’est comme… tomber sur un encart X quand on visite un site Internet parfaitement anodin. De toute façon, ce mec serait capable de chanter qu’il donne des orgasmes de femme fontaine en soufflant dans le cul comme dans une trompette. Depuis combien d’années R Kelly n’est plus vraiment « lui-même », refuse de vieillir ? Ça a été comme une sodomie mentale d’accepter (ou pas…) son état. Buffet ne compte aucune grande chanson mais c’est avec… contrariété qu’on reconnaît une fois encore le talent de R Kelly, qui écrit et produit des titres plaisants avec énormément de facilité. « Marching Band » avec Juicy J en fait partie bien que là encore Robert assimile les femmes qu’à un simple objet de plaisir, puis « Backyard Party« , « All My Fault » et « Wake Up Everybody » aussi, nous ramenant dans ces compositions two-step agréables dont lui seul à la secret. Cette partie-là du Buffet, on s’en servirait à volonté. Les chansons supplémentaires de la version deluxe valent la peine, puisqu’on peut y trouver l’artiste nigérian WizKid sur le dansant et positif « I Just Want To Thank You » et des clins d’oeil à Michael Jackson (« Keep Searchin » reprend des éléments de « Lady of My Life« ) et George Benson (« Sufferin’« ).

J’aurai pu être tenté de faire tout plein de métaphores sur la bouffe (et le cul) mais je dirai simplement que Buffet est plus un hamburger maison au foie gras poêlé avec coulis de framboise accompagné d’un cocktail sucré, que le sempiternel champagne, caviar, plat 3 étoiles aux truffes et langoustines. Du pornfood en somme.

 

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