Sly Johnson « The Mic Buddah LP » @@@@½


En voyant le titre The Mic Buddah LP, je me suis demandé comme ça si Sly Johnson s’était remis au rap, puisque l’intitulé fait référence à son nom de scène lorsqu’il évoluait au sein du groupe culte du Saïan Supa Crew. Et bien non, ce nouvel album est la confirmation de son incroyable reconversion Soul réussie entreprise il y a cinq ans avec 74. Vous n’en croyez toujours pas vos oreilles?

Soul vocale, claps de main et beatbox, c’est sans artifice que nous appelle cet album; j’emploie le verbe « appeler », pour notre esprit qui se sent happé par cette atmosphère de communion. C’est avec ce même esprit de simplicité qu’a été conçu le single « EVRBDD (Everybody Dancin’)« . L’intensité de cette chanson est inversement proportionnelle au minimalisme du groove très roots, sexy et subtilement dansant. Gregory Porter en perdrait son bonnet! De la vraie Black Music, je ne vois pas d’autres termes au sens noble, noble comme du bois d’ébène. L’objectif implicite de Sly est de s’approcher de références actuelles comme Amp Fiddler, ou plus ultime, D’Angelo, ça se devine sur des chansons comme « Simply Beautiful« .
L’auditeur entre en résonance à travers les excellentes vibrations de sa musique (néo)soul et celles de sa voix dorée. La modernité est un autre facteur déterminant de The Mic Buddah. Si on ferme les yeux en écoutant l’électro aérien « Wet« , on peut s’imaginer faire l’amour dans une chambre baignée de soleil donnant vue sur la mer. L’electro-soul détendue et stratosphérique de « Womenarium » nous fait littéralement planer. À l’inverse, sans sophistication aucune, le jazz vocal de « Good Morning » donne du baume au moral. On oublie parfois à quel point la musique peut avoir autant de vertus bienfaisantes quand elle est faite si peu de belles choses. Quoi de plus naturel et puissant que l’âme d’un homme qui s’exprime par la voix du cœur quand il est inspiré par une âme sœur.
Sly Johnson s’est également entouré de la crème pour cet opus exquis et raffiné. Sur « Why« , il compose un carré d’as avec Valérie Delgado, le rap de Rachel Claudio et la trompette d’Erik Truffaz, et sur « Music » c’est avec la plume et la voix d’Oxmo Puccino ainsi que la flûte enchantée de Malik Magic. Le chanteur chante 80% du temps en anglais, ce qui n’est pas choquant du tout, parfois ce sont même les interprétations en français qui peuvent paraître ridicules (paroles trop gnangnan vous voyez). Mais avec lui ça glisse très bien dans la langue de Molière (« Magique« , « Music« , « Les Fleurs du Mal« ).
Avec The Mic Buddah LP, Sly parvient à nous bluffer une seconde fois avec un disque plus matûre et pour reprendre un terme publicitaire : « incontournable ». Un quasi sans-faute vaut pour confirmation de cet artiste soul made in France.

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