Redman « mudFace » @@@½


Dans la catégorie hip-hop « pour vieux con », « truc de puriste » mais fuck, on s’en branle d’être fiché, parce qu’on adore, on assume, il y a notre Redman préféré, ce MC aux 23 ans carrière qui ont bâti sa légende urbaine dans les murs de briques du New Jersey et qui transforme les habitacles de voitures et salles de concert en cheminée vertes. S’aventurant depuis cinq ans dans la préparation périlleuse de la suite d’un album culte, dans son cas Muddy Waters, pour beaucoup notre préféré de sa discographie, notre père pétard a mis à disposition ce mudFace pour ménager notre patience.

Oublions le désastreux Reggie qui a mis un terme à son contrat chez Def Jam en 2010, Redman repart sur de nouvelles base avec sa structure Gilla House. À l’heure ces lignes sont écrites, les crédit de productions sont introuvables sur Internet mais on sait au moins que le producteur de la Bay Area Rick Rock (E-40, Jay-Z,…) est sur le coup, notamment sur le single « Dopeman« . Objectif « 30 minutes pour convaincre », c’est gagné mais pas totalement. Il manque toutefois l’élément fondamental de la musique de Redman: cette funk graisseuse qui tartinait généreusement sur les basses comme du Nutella. Mais de ‘funk’ en conserve les trois premières lettres dans ses punchlines ahurissantes, et en remplaçant le ‘n’ par ‘c’ voilà ce qu’il dit aux tendances rap actuelles. Conservateur par principe, sans être trop traditionnel style boom-bap et tout le tralala, il dédie « Beastin’ » à MCA des Beastie Boys (terrassé l’an dernier par le cancer), il devait bien ça après avoir emprunté leur « let the beat mmmmdrooooooop ». Pour les downtempos, il se tourne vers des rythmes reggae (« Nigga Like Me« , « High 2 Come Down« ). Du coup on est surpris (en bien) de le voir prendre le contrepied sur « Gettin’ Inside » avec un instru type cloud rap. Mais rester fidèle à ses bonnes vieilles habitudes a du bon quand on s’appelle Reggie Noble : du délire (cette pochette!), des performances de oufs, une passion inoxydable pour le hip-hop… Il a le feu et pas que sur le briquet.

Ce pré-album visant à nous préparer psychologiquement à Muddy Waters II (comme l’a fait son grand copain Method Man pour anticiper Crystal Meth avec le prequel pas tip-top The Meth Lab) a de l’intention. Redman a repris du poil de la bête et rappelle à quel point le niveau de MCing a chuté ces dernières années. Il est prêt pour l’augmentation de l’âge de départ à la retraite. Côté instru, c’est pas mal mais on attend mieux pour la prochaine échéance. Grosse pression.

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