Kirk Knight « Late Knight Special » @@@½


Avec Joey Bada$$ (qui a ouvert cette année 2015 avec l’immense B4.DA.$$) et CJ Fly, Kirk Knight fait partie des Pro Era, ce crew qui alimente la Beast Coast depuis trois ans. Ce dernier emboîte le pas à son tour avec un premier essai Late Knight Special chez Cinematic Music Group et dont il serait dommage de passer à côté.

Un album qui débute par un sample de Jamiroquai (« Morning Glory » extrait de Return of the Space Cowboy) ne peut être qu’un bon album, pas la peine d’argumenter sur ce point. Cette mise en route est le point départ officiel de la carrière solo de Kirk Knight, l’occasion pour lui de dévoiler son potentiel dont on eu un bref aperçu à travers ses productions pour Joey notamment. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il sait écrire et rapper, d’où la découverte avec ce premier opus. ‘Knight’ avec un ‘k’ signifie ‘chevalier’ est l’homonyme de ‘night’, la ‘nuit’, d’où les nombreuses possibilités de jeu de mots sur différents titres (« Knight Time« , « Good Knight« …).

Et que dire si ce n’est que le garçon de Brooklyn est doué. Rappeur, producteur… il a curieusement plus de points communs avec un J.Cole qu’avec Joey, si on se fie à ses textes sincères, limite sensibles, et un flow loin d’être agressif. Et comme les débuts de J.Cole, on est frustré de constater que Kirk s’éparpille et en garde sous le pied quand il se retrouve seul. Mais on retient plusieurs choses positives, comme sa versatilité, sa capacité de passer de morceaux progressifs à des beats ‘neo boom-bap’ comme « Brokeland » (encore un jeu de mot pour ‘Brooklyn’, là d’où il vient) et le final « Good Knight » avec le californien Dizzy Wright, les Zombies de Flatbush, Joey Badass, et une ambiance qui revisite le Wu-Tang. Pour revenir au côté progressif, il est caractéristique de la mouvance Beast Coast, où l’ambiance prime sur le reste. Parmi les meilleurs exemples, l’astro-sexuel « Scorpio » et « I Know » avec la sensation de Chicago, Mick Jenkins, un titre aux influences trap assez marquées, que ce soit dans l’instru, le flow ou bien le refrain.

Mais Kirk Knight va un peu plus loin dans sa démarche en collaborant avec TheMIND et Them People par deux fois (« One Night » et « The Future« ) pour une touche électro qui apporte une musicalité inattendue à Late Knight Special. Mention spéciale pour le magnifique et touchant « Dead Friends » en compagnie de la rappeuse Noname Gypsy et de Thundercat à la gratte. Forte charge émotionnelle dans ce titre. C’est juste dommage -comme je le disais plus haut- que Kirk Knight ne se décarcasse pas trop quand il agit en solo, moins charismatique au micro que la référence Joey Bada$$ forcément et moins audacieux niveau prod. Il faut développer de l’intérêt pour écouter cet opus qui n’en est pas moins intéressant.

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