Yelawolf « Love Story » @@@½


Le premier album studio de Yelawolf paru fin 2011,  a été une franche déception. Incohérent, passable, trop ‘pop’, les qualités et les bonnes intentions de Radioactive sont devenues transparentes. Peut-être s’attendait-on trop à de la trunk musik. Pour reconquérir ses fans, il tente alors de rattraper le coup avec Trunk Muzik Returns, la séquelle de sa mixtape qui l’a rendu célèbre et offert un contrat avec Interscope. De nouveau, les auditeurs ont été perdu par la tournure expérimentale de ce projet. Alors pour son second album en major, le rappeur cherokee de chez Shady Records a pris une toute autre voie avec Love Story.

L’album commence par une scène surréaliste tiré d’un épisode d’X-Files, quand un conducteur roulant en plein milieu de l’Amérique profonde découvre que sa voiture est une sorte d’engin spatial. Ceci pour introduire « Outer Space » et retrouver Yelawolf dans les meilleurs conditions possibles, avec un rythme très soutenu qui catapulte son flow avec son accent bien marqué du sud provincial. Imaginez Michael Knight traçant dans les routes désertes de l’Alabama. C’est ensuite que le véritable changement s’opère, indiqué par le titre « Change« , justement. Arrivé à un croisement dans sa vie d’artiste, Yelawolf a pris la route du rock en âme et conscience. Et on découvrira durant l’heure qui suit que c’est sans doute le meilleur choix qu’il ait fait, l’homme est plus proche des racines country-folk locales. Il suffit d’écouter la 3e piste, le single « American You » pour être éberlué par les talents de cachés de Yela pour le chant, simplement accompagné d’une guitare, tout en restant ‘slumerican‘ (contraction des mots « slum » et « american », NdR) dans l’esprit.

On sent un Yelawolf plus émancipé et bien dans ses bottines sur Love Story, plus libre de ses choix. Sur le morceau guitare-voix « Devil in my Veins« , on sent l’esprit de Kurt Cobain rôder dans les parages. Il célèbre aussi « Johnny Cash » sur un sample du classique « Heaven » de Dean Horner. Bien évidemment, les fans de trunk music apprécieront l’épisode de « Box Chevy V« . Pour l’instant le rappeur réussit un tour de force hautement respectable entre conservatisme et modernité, que seul Everlast avait réussi par le passé (qui a dit Kid Rock?), une fusion que l’on pourrait taxer de mainstream mais qui fonctionne très bien sur « Love Story » et « Tennessee Love » particulièrement. Pas étonnant quand on voit la liste des producteurs : Willpower (qui le suit depuis un moment), Luis Resto, Mark Batson, Mike Elizondo… des habitués des studios de Shady/Aftermath. Le seul featruing d l’album n’est autre que son patron Eminem, sur « Best Friend« , pour une performance qui n’impressionnera pas grand monde, désolé pour lui. Yelawolf raconte sur certains titres ses déboires et ses rapports à l’alcool (« Heartbreak« , « Empty Bottles« ), car Love Story n’est pas un disque si heureux qu’il présage au départ, au contraire.

Cette voie vers une forme de rédemption et une quête d’harmonie avec soi-même s’achève sinon sur bonne note, avec le rythme dansant de « Fiddle Me This« . Ce qu’on retiendra surtout, c’est la conversion très convaincante de Yelawolf au chant, avec les titres « Devil in My Veins« , « Ball and Chain » et « Till It’s Gone« . Je dis bravo, et je lui souhaite bon vent dans cette direction qui j’espère pour lui l’emmènera aussi loin que possible.

Postez vos avis!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s