Mark Ronson « Uptown Special » @@@@½


Comment sonnerait la musique Funk si elle réapparaissait miraculeusement aujourd’hui? Exactement comme sur Uptown Special. Après le hip-hop, la soul, la pop et la new wave, le (ce?) génie de Mark Ronson a miraculeusement remis au goût un jour un genre musical que l’on croyait mort et enterré avec le disco il y a trente ans.

Contrairement aux croyances, la Funk n’a jamais disparu, elle est entrée en dormance et a pu subsister grâce à des artistes surdoués comme Dam-Funk, pour ne citer que lui. Le tube interplanétaire « Uptown Funk » (existe-il en 45 tours??? je demande!) a tout bouleversé en grimpant au sommet des charts en Angleterre. Pour une renaissance, quelle renaissance! Cette chanson infectieuse emmenée par la performance de Bruno Mars, impeccable comme à son habitude, synthétise cette Funk 80s aux couleurs cuivrées et gratinée de synthétiseurs (pour les influences nombreuses, voir Cameo, Zapp, Rick James, The Time…), avec ces riffs groovys, ligne de basse infectieuse et ces voix graves « dow-dodoww », ambiance club chic. Un coup de maître.

Pourtant c’est dans une ambiance brumeuse à la 808’s & Heartbreak de Kanye West que débute Uptown Special. La patte de Jeff Bhasker, qui co-produit pas mal de titres. Et l’harmonica de Stevie Wonder himself, magique. Place ensuite à Kevin Parker, leader du groupe australien de Tame Impala, qui nous hypnotise avec sa folk psychédélique et groovy sur « Summer Breaking« , cliché eighties d’une ballade sur le bord de mer californien. On le retrouve un peu plus tard sur « Leaving Los Feliz » et le bombastique « Daffodills« , car quand le disc-jockey passe ce morceau dans la discothèque, nous prend une incontrôlable envie d’essuyer le plancher en pattes d’eph’ et se déhancher façon Saturday Night Fever.

Mark Ronson réinterprète d’autres courants Funk, comme la post-disco sur « I Can’t Lose« . La chanteuse Keyone Starr se classe dans la lignée des Chaka Khan, Shalamar, Cheryl Linn et Yarbrough &  People. James Brown ressuscite sur « Feel Right » à travers l’orchestration et la voix de… Mystikal ! Ce come-back est tout bonnement incroyable.  Le rappeur de la Nouvelle-Orléans à la voix rocailleuse révélé au grand public au début des années 2000 avec ses tubes « Shake Ya Ass » et « Danger » (produits par les Neptunes) signe un véritable un retour en fanfare, lui qui sortait d’une peine de prison ferme (pour agression sexuelle) et n’a pas sorti d’album depuis Tarantula en 2001. Mark Ronson lui offre une incroyable prestation à contre-emploi qui vaut pour réhabilitation. Il y a aussi cette pop/funk blanche et rock qui apparaissait à la fin des seventies avec les Doobie Brothers et Toto par exemple qui s’est infusée sur les morceaux « In Case of Fire » et « Heavy and Rolling« .

Autre grand moment de Uptown Special, le transcendantal « Crack in the Pearl« . Reprenant là où l’intro « Uptown First Final » nous avait temporairement laissé, la voix d’Andrew Wyatt (Miike Snow) jaillit comme des lumières et des lasers à travers les fumigènes. Mark Ronson maîtrise son sujet sur le bout des doigts, ce n’est pas par hasard que je le considère comme le Quincy Jones du troisième millénaire.

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