Azealia Banks « Broke With Expensive Taste » @@@½


Vous connaissez la dernière victime d’Azealia Banks? Eminem. La new-yorkaise au tempérament de feu n’a pas apprécié que le Slim Shady s’en prenne à Lana Del Rey. L’actualité d’Azealia depuis plus d’un an se résume à ça, des embrouilles, sans cesse. Elle frappe en premier sur Twitter, pour des motifs plus ou moins futiles, sans distinction : Iggy Azaela puis T.I., A$AP Rocky, la rappeuse Angel Haze, le bloggeur Perez Hilton, Jim Jones – on reprend souffle, le DJ  Funkmaster Flex,  le « petit des Disclosure », Lil Kim et Rita Ora. J’oublie personne?

Ah, si, il y a eu des tensions avec son label Universal, comme si elle ne s’était déjà pas brouillé avec son ex-ex-label XL Recordings. On aurait presque oublié dans l’histoire que Azealia Banks était une artiste, jusqu’à ce qu’elle publie par surprise son premier album Broke With Expensive Taste.

Tout le monde s’est jeté sur cet album, plus de 11 000 l’ont téléchargé légalement en 5 jours. Comme quoi la longue attente ne nous pas fait désespérer. Regardons de plus près cet opus. D’emblée, on peut mettre ses singles « Yung Rapunxel » et « Heavy Metal and Reflective » à la poubelle, parce qu’ils sont mauvais. Aucune trace du single « ATM Jam » avec Pharrell (comme quoi le surperproducteur n’est pas si omniprésent). On a eu l’occasion de ré-entendre dans la campagne de pub McDonald’s l’extrait « 212 » (feat Lazy Jay), extrait de son EP 1991 paru en 2012 chez Polydor, qui figure sur l’album ainsi que « Luxury« , qui date de la même période, sans que le beat des Machinedrum ait perdu de son groove.

En soustrayant ces titres, il reste un album pluri-genre, un vrai florilège. Le premier morceau « Idle Delihah » représente tout à fait la mixité de sa musique dite witch-hop. Il y a de tout dessus, de la House, du UK Bass, du Hip-Hop, pourquoi pas du Funk qui débouche sur de la musique cubaine (« Gimme a Chance« ) ou tant qu’à faire de la surf-pop sur « Nude Beach a-Go-Go« ? Ou alors le mélange à la mode de trap et d’EDM avec « Ice Princess » (prod AraabMuzik) et « BBD« . Et puis encore la drum’n bass conjuguée de piano jazzy sur « Desperado« , du meilleur effet. On notera aussi les très bonnes collaborations avec Lone, la révélation électro made in UK qui a sorti à la rentrée le magique Reality TestingBroke With Expensive Taste a beau être très inégal, son inhomogénéité est sa grande qualité.

Le charme d’Azealia Banks, ses textes crus, son caractère, son flow impressionnant, elle nous met la fièvre jusqu’au petit matin. « JFK » avec Theophilus London, « 212« , « Soda« , « Wasting Time« , etc… sont autant de bombes atomiques qui vont faire brûler nos semelles sur les dancefloors, quand le groove prend contrôle de notre corps tout entier. Broken With Expensive Taste est un album festif à souhait, c’est son unique but. Pas mal pour un album qui accuse de deux ans de retard.

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