Prince « Art Official Age » @@@½


Quatre ans sans album de Prince, autant dire une éternité, lui cet artiste hyper-fécond et ultra-créatif qui nous a abonné à un voire deux albums annuels en moyenne. Pour se faire pardonner, Roger Nelson livre au monde ce 29 Septembre 2014 non pas un, mais deux albums différents: le sien Art Officiel Age (dont il est question ici) et celui de son nouveau groupe de filles 3rdEyeGirl Plectrum Electrum (qui sera la chronique suivante). C’est sa maison de disque historique Warner qui va être contente.

Effectivement, Prince est revenu pour son 33e, et 34e album, chez la major Warner après 18 ans de séparation. Ces jumeaux, c’est presque beau. Le morceau d’ouverture – doit-on encore s’attarder à du blabla introductif? – est un bouquet mélangeant pop, funk, rock, dance et même musique orientale. C’est toujours du Prince, mais au lieu de faire du Prince, le chanteur pourpre s’est connecté à la musique actuelle pour AOA. A 56 ans, ses gènes Funk s’expriment toujours à divers degré dans ses compositions, en particulier sur sur la grosse pièce « Gold Standard« , « Funknroll » et le douillet « Clouds » qui nous ferait frétiller comme un baiser dans le cou. Le Kid (King?) de Minneapolis change de style en prenant un malin plaisir, on ne fera pas la fine bouche quand il apprivoise la Nusoul moderne avec « You Know« , qui reprend l’instrumental de « Blinded » de Mila J (merci @enjoymusicride pour cette information que j’ai pu confirmer de mes propres oreilles). Au départ j’avais même cru qu’il s’agissait d’un instrumental créé par les J*DaVeY, ça y ressemble énormément.

Comme à l’accoutumée, les ballades avant-gardistes (« Breakdown« , « Way Back Home« ) voguent au gré de nos humeurs, plus spécialement quand elles sont mélancoliques. « Time » est probablement la plus réussie, avec ses batteries sophistiquées et cette once de spleen dans ce duo romantique. Les relations tumultueuses sont toujours son point fort (« This Could Be Us« ). Prince, toujours, pas d’auto-caricature. Il aurait pu, mais non. Sans exagérer, il demeure une personne toujours extravagante, que dis-je, exubérante. En parlant de ça, Prince joue beaucoup à transformer électroniquement sa voix quitte à mettre le mode ‘hélium’ sur « Breakfast Can Wait« , une (mauvaise?) habitude qu’il a prise sur LotusFlower/MPLSound. Il en use également sur « Funkroll » qui marie les ingrédients d’un banger r&b moderne et funky avec du rock’n roll. On s’en serait presque douté mais le résultat est redoutablement sympathique.

Avec le recul, on se rend compte qu’avec Art Official Age, Prince reste avant tout égal à lui-même, comme il l’a toujours été. Il ne cherche pas à se renouveler, ni à prendre des risques ou se montrer spontané, il montre qu’il sait tout faire, à sa manière, avec l’aisance d’un dieu. Prince traverse le temps et les genres avec sa musique. La suite très très bientôt avec Plectrum Electrum, restez tunés!

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