Joell Ortiz « House Slippers » @@@½


Personne n’a oublié l’immense déception qu’était le second et pénible album de Slaughterhouse. Ou comment Eminem a fait de ce super-quatuor rap un groupe « hip-pop » inintéressant. Les aventures solos qui ont suivi n’ont pas été fameuses, on pense au pas fameux No Love Lost de Joe Budden et l’invisible Apex Predator de Crooked I qui n’a même pas vendu 1000 exemplaires à sa sortie. Alors quand on a vu la pochette de House Slippers de Joell Ortiz avec son graphiste payé 10$, ça paraissait mal engagé pour lui.

Hé bien l’adage qui dit « on ne juge pas un livre à sa couverture » se vérifie ici : ce troisième album de cet ancien pigiste d’Aftermath Records est la bonne surprise de la rentrée. Et pour cause, il est produit par le génial Illmind et The Heatmakerz, les producteurs connus pour leur collaboration avec les Dipset et dont on n’avait pas de nouvelles depuis un sacré bout de temps. House Slippers leur permet de faire un très bon retour.

Dès le premier morceau éponyme « House slippers » (‘pantoufles’, NdT), nos craintes par rapport aux dérives des membres des Slaughterhouse se dissipent instantanément. Le brooklynite d’origine portoricaine retrace son parcours jusqu’à sa situation actuelle devenue plus confortable, avec un train de vie plus sain (perte de poids, musculation…), qui lui permet le luxe de pouvoir se poser chez lui en pantoufles. Car c’est bien là le but de n’importe qui travaillant dur, pouvoir jouir d’un moment de confort et de tranquillité.

D’autres tracks valent largement la peine d’être écoutées, comme « Dream On« , agréable comme un réveil en été, et « Get Down » avec son beat hip-hop funky.  Joell Ortiz révèle aussi bien la bête au micro qui ne s’est jamais endormie, comme cette personne plus sereine qu’il est devenu au fil des ans. On découvre même un type nostalgique sur « Candy« , où il révèle ses amours (musicaux) de jeunesse sur un sample à la « ABC » des Jackson 5. Au point où il en est, on n’est guère surpris par le single radio « Music Saved My Life » avec B.o.B., un brin urban pop comme on aurait pu deviner. Ses frères d’armes des Slaughterhouse le rejoignent sur le solide « My Brother’s Keeper« , il y a eu quelques progrès, mais il reste encore du chemin à faire.

Même si la seconde moitié de House Slippers se ramollit avec ces refrains chantés et des beats moins percutants, l’album tient aisément la route, plus qu’espéré. Joell Ortiz n’a pas commis l’erreur de continuer dans la veine urban pop des Slaughterhouse, et encore moins la trap, au contraire en travaillant avec Illmind et les Trackmasterz, il propose un album rap Eastcoast, au calme.

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