Step Brothers « Lord Steppington » @@@@½


Le millésime rap 2014 commence fort, très fort, avec notre duo Step Brothers. Cela faisait des mois, que dis-je, quelques années que les vieux frères Alchemist et Evidence (Dilated People) devaient nous pondre un album collaboratif, depuis le temps qu’ils se côtoient !

Les deux rappeurs originaires de Los Angeles sont des amis de longue date et ils ont naturellement cumulé pas mal de jours en studio ensemble (depuis The Platform des Dilated au moins). Mais les débuts officiels de nos deux b-boys en tant que Step Brothers (« demis-frères », NdT), ce fut sur The Layover EP d’EV paru à l’automne 2008. C’est là que les choses ont sérieusement commencé, quand Alan s’est mis en tête de déclamer des rimes en plus de tâter des machines. Il aura fallu attendre le 1er janvier 2013 pour que l’album soit officiellement annoncé : il portera le nom de Lord Steppington. Et un an de plus pour qu’on en prenne plein la face.

« Beats like this make me bang my head and beat my fists » (Alchemist)

Comme on dit parfois, « ça valait le coup d’attendre ». C’est avec un grand enthousiasme que l’on peut affirmer que Lord Steppington envoie des troncs de séquoïa. Pas la peine de faire durer le suspense. C’est du LOURD (j’insiste sur les majuscules). Les beats sont chauds-patates comme on les aime, et nombreux à l’être. Les cervicales vont prendre cher avec « Byron G« , « Legendary Mesh » et son sample psyché-rock, « Mums in the Garage » et bien entendu le single terrible « Step Masters« . Des bangers underground en puissance conçus à partir des caisses épaisses, de boucles hypnotiques (souvent très courtes) et crâdingues et des basses en mode loudness. C’est typiquement le genre d’instrumentaux provoquant des troubles compulsifs qu’Alc décrit parfaitement en rappant « beats like this make me bang my head and beat my fists ». Dans un souci de versatilité, et éviter de prendre un rendez-vous chez un vertébropathe, les sons flânent vers ce qui peut s’appeler de la yacht music, un sous-genre singulier se caractérisant par des prods posées et lancinantes telles que « No Hesitation » et « Tomorrow« . Pour info, tous les beats sont produits par Alchemist à l’exception de « Byron G« .

Evidence et Alchemist sont à fond dans leur délire, néanmoins lyricalement c’est loin d’être de la déconnade régressive. L’aura des Beastie Boys plane autour d’eux. On reste soufflé par le flow méticuleux du Weatherman, sa technique s’affine avec l’expérience. Leurs potes de game sont également de la partie : Fashawn, Action Bronson, Roc Marcy qui laisse son empreinte sur « See The Rich Man Play » (atmosphère de polar garantie), Blu, Rakaa, Styles P, Oh No, Domo Genesis (Odd Future) et un vieil ami – et c’est une surprise, l’acteur Scott Caan, avec qui Alchemist a formé les Whooliganz au début des années 90. D’autres morceaux qui nous retournent la cervelle sinon ? « Swimteams Rastas« , « Just Step« , « Banging Sound« … Si on se lâchait pour dire simplement ce qu’on pense de cet album des Step Brothers, c’est que c’est un « p***** de disque qui défonce sa race » !

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