The infamous Havoc of Mobb Deep « 13 » @@@½


Des deux Mobb Deep, Havoc est celui qui a le plus évolué dans l’ombre de son comparse, davantage sollicité pour ses prods que pour ses raps, ce qui peut paraître injuste vu ce qu’il est capable de faire au micro. Pour ce qui est de sa discographie solo, elle est moins reluisante que Prodigy, se limitant à deux projets peu relevants. D’un naturel discret, il se couvre de ridicule sur Twitter fin 2012 en insultant Prodigy, puis se rétractant en avançant des excuses bidons. Une diss-track semi-subliminale suivra (« Separated« ) après ses conneries sur le réseau social, mettant à mal le retour des Mobb Deep. Finalement les choses finissent par se tasser (ouf…), au nom du 20e anniversaire du groupe, avec une tournée à la clé. Son 3e opus, 13 (parce que 13 pistes), lui, était resté programmé quoiqu’il arrive.

Ne cherchez pas de diss-track à l’encontre de Prodigy (parce que c’est le réflexe qu’on a tous eu), il n’y a rien de croustillant au menu. Hep hep hep, ne vous détournez pas tout de suite de cet album, vous le regretteriez. On a affaire à l’album le plus personnel et le plus abouti de la moitié ombrageuse des Mobb Deep. Techniquement, les instrumentaux sont solides et bien calibrés, et en ce sens Havoc a bien évolué. Les amateurs de rap eastcoast seront rassasiés, et quand il s’essaie au style Midwest avec Twista (« Eyes Open« ), il est tout aussi convainquant. Au micro, H démontre qu’il est un bon rappeur, il n’est pas de la race des punchliners mais dès « Gone« , il nous fiche des coups de pression comme seuls les Mobb Deep sachent faire. Et ses narrations, elles respirent la rue et les situations scabreuses, le ton varie comme la météo, de « Colder Days » à l’éclaircie « Hear Dat« .

13 est en somme un album homogène, construit d’un bloc en béton et qui – il est vrai – manque d’un ou deux street-banger, partiellement compensé par les apparitions de Lloyd Banks, Twista, Raekwon, Styles P, Masspike Miles (qui apporte une touche soulful pas insignifiante) et Royce Da 5’9. Pas de Prodigy en featuring diront les détracteur, mais P invite-t-il systématiquement Havoc sur ses albums ?… Cet album nous fera en tout cas oublier toute cette mauvaise pub.

Postez vos avis!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s