Talib Kweli « Prisoner of Conscious » @@@½


Attendu de longue date, bien avant même Gutter Rainbow, Prisoner of Conscious (le -ness a disparu entre temps) devait être une nouvelle pierre angulaire dans la discographie de Talib Kweli. Ambitieux sur le papier, le très réputé MC de Brooklyn nous dévoile finalement un 5e album prévisible, de qualité, mais prévisible.

On sait Talib un rappeur très actif dans le rap, on l’a aussi bien aperçu aux côtés de Gucci Mane (ce qui provoqué une lever de bouclier chez les puristes) que de groupes français comme Union et les Fowatile. Cette activité n’est pas étrangère au fait qu’on a l’impression de l’entendre partout où nos oreilles se posent. D’où cette question de savoir quelle part de créativité réserve-t-il à ses projets solo, sachant qu’il s’est essayé en plus à l’électro-pop avec son side-project Idle Warship.

Dès « Human Mic » (prod Oh No), il remet en jeu ses grandes qualités de rappeur avec entrain et une volonté infaillible de transmettre ses messages, avec des formulent qui se plongent directement dans notre conscience, comme lorsqu’il dit « I ain’t askin’ for new followers, I’m lookin’ for new leaders » sur « Turnt Up« . Le titre de cet album de Talib Kweli se justifie dans la mesure où il n’a pas non plus d’autres choix que de demeurer prisonnier d’un rap qu’on appelait ‘conscient’ jusqu’au milieu des années 2000. Là où ça bloque également, ce sont son flow et ses intonations, pas d’évolution notable non plus sur ce plan-là. Sur le plan artistique, les même défauts réapparaissent, en déséquilibre en titres rap plus undergrounds (« Hold It Now« , « Hamster Wheel« ) et d’autres mainstreams (« Ready Set Go » avec Melanie Fiona, le romantique « Delicate Flower » pour sa copine), un problème qui était déjà apparue (et qui avait déjà été reproché) sur de précédents albums comme The Beautiful Struggle.

Pour les nouveautés, il faut changer d’angle. Si Talib s’est ouvert à des propositions de featurings internationaux, la réciproque est vraie sur cet album. Il convie Rubix et Bajah pour décrire la « High Life » (prod Oh No) en Afrique du Sud, le climat de l’extrême Sud du globe se ressent dans toute la chanson. En avant-dernière place, « Favela Love » invite une légende de la musique brésilienne Seu Jorge, et là encore on est transporté par l’agréable musique (produite par le californien Terrace Martin) qui nous emmène à Rio.

L’autre point qui indique une idée de renouvellement chez Talib vient des choix de featurings et de producteurs, ce qui pourra en étonner plus d’un. On a aperçu Curren$y et Kendrick Lamar sur le très bon single « Push Thru » (instru reconnaissable de S1), bien vu pour la collaboration est-sud-ouest, le chanteur et vainqueur d’un Grammy Award Miguel apporte de la douceur sur « Come Here » (prod Sean C & LV), titre crossover r&b sur lequel plane l’esprit de Marvin Gaye. Participent également à la production de l’album Harry Fraud qui réalise la muzika de « Upper Echelon » et J.Cole sur « It Only Gets Better » featuring Marsha Ambrosius, très réussi.

Sur « Before He Walked« , il y a même Nelly ! Vous vous rendez compte, le rappeur de St Louis Nelly !!! On a beau se pincer ou se frotter les yeux, ça n’a pas une hallucination. Comme dirait Cartman, ça troue le cul. Le plus irréel, c’est que Nelly s’en tire à bon compte avec un couplet honorable. « Rocket Ships » avec Busta Rhymes et RZA nous laissera un peu sur notre faim, ça méritait d’être mieux.

Vous comprendrez maintenant les raisons pour lesquelles Prisoner of Conscious est un bon album, mais prévisible.

Une réflexion sur “ Talib Kweli « Prisoner of Conscious » @@@½ ”

  1. C’est alors un peu paradoxal (ta conclusion)… On constate que Talib a invité Nelly (j’aime pas trop ce mec pour ma part) ce qui est franchement étonnant, Seu Jorge ce qui est aussi étonnant mais pas tant que ça finalement quand on connaît la discographie du bonhomme, etc… L’album est donc plutôt pas si prévisible que ça je trouve. Je l’ai survolé vite fait (pour l’instant) et je le trouve plutôt bon et dans la lignée de ce qu’il a toujours fait. Quand on achète un album de T. Kweli on attend exactement ça! Je trouve qu’il est justement assez éclectique dans ses choix, on l’a vu nottament dans sa collaboration avec les mecs de Union. En tout cas contrairement à tout ce que l’on peut lire partout j’ai adoré Gutter Rainbows, et j’ai vraiment pas compris les mauvaises critiques…

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