R.A. The Rugged Man « Legends Never Die » @@@@½


Il ne fait pas partie du top10 des meilleurs MCs de la planète et pourtant, il en a largement le potentiel. Lui, c’est R.A. The Rugged Man, rappeur blanc totalement déglingo découvert au début des années 90, co-signé par Notorious B.I.G,. mais dont la carrière a débuté sur le tard, en 2004 avec Die, Rugged Man, Die. Il n’est pas très présent dans l’underground new-yorkais mais chacune de ses apparitions en featuring provoque un traumatisme psychologique. Son couplet sur « Uncommon Valor: a Vietnam Story » des Jedi Mind Tricks a indéniablement marqué les cervelles au fer rouge. Il aura fallu attendre neuf longues années pour qu’un second album, Legends Never Die, voir le jour chez Nature Sounds (laissons de côté la compilations de ‘lost and found’ Legendary Classics) pour démontrer que sa folie n’est une légende urbaine : il est fou, complètement fou.

Ne passons pas par quatre chemins: R.A. est un pur génie. Dès qu’il prend le micro, sa folie nous gagne. Son flow à couper le souffle et ses lyrics nous rendent dingues. Après une brève présentation en compagnie de Buckwild, il se désigne lui-même d’entrée comme « The People’s Champ« . S’il le dit, c’est qu’il a sûrement raison. Puis c’est l’heure de la leçon avec « Definition of a Rap Flow« , ou comment ridiculiser 90% des rappeurs de la planète avec une technique renversante exécutée les doigts dans le nez. Même que sur « Bang Boogie« , il rappe plus vite que le beat. Le MC s’en prend ensuite aux médias qui l’ont clairement descendu ou oublié sur « Media Midget » avant de péter les plombs sur « Shoot Me in My Head« . R.A. revendique cet attentat suicide et verbal s’en prenant au monde entier: la famille, la communauté rap et les politiciens (« Fuck this, I ain’t talkin’ politics no more/Instead I’m walkin’ in your office and shit on your floor »). De toute façon, « anybody that don’t like it can google my piss ».

Mais quelle est l’origine de ses troubles mentaux? Un passif très lourd : son père est un vétéran du Vietnam et son frère et sa soeur sont nés avec de graves handicaps physiques et sont aujourd’hui décédés. C’est d’ailleurs à son paternel que fait référence le titre de cet album, le morceau « Legends Never Die » lui est dédié et c’en est véritablement troublant. Dès qu’il s’agit de mettre le doigt sur des vérités qui dérangent (« Learn Truth » feat Talib Kweli), la lucidité dont fait preuve The Rugged Man est le fruit de son intelligence d’esprit. Un autre aspect artistique de l’album qui prouve qu’il a tout de même une part sensée de sa personne, c’est le choix très pertinent des instrumentaux parmi ceux de Buckwild, Will Tell, Apathy, Mr Green, Shuko ou encore Marco Polo. Les featurings sont bien vus: Brother Ali et Masta Ace sur « The Dangerous Three« , un autre combo dangereux Vinnie Paz/Sadat X sur « Sam Peckinah« , Tech N9ne chante son gospel « Holla-Loo-Yuh« , Talib Kweli, Hopsin le rejoint sur un sample de Mozart (« Underground Hitz ») et une tête sortie de nulle part, Eamon, celui qu’on a cru être un one-hit-wonder avec « Fuck It (Don’t Want You Back)« . Le chanteur a écrit le refrain très hardcore de « Luv to Fuk« , totalement surréaliste.

Simplement, R.A. vient de signer l’album rap le plus fou de l’année.

Postez vos avis!

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s