Styles P « The World’s most Hardest MC project » @@½


En faisant carrière avec les Lox d’abord avec l’écurie Bad Boy à la fin des années 90 puis la concession des Ruff Ryders, Styles P a toujours vécu dans l’ombre de Jadakiss avant de s’affirmer avec son album a Gangster and a Gentleman en 2002. La discographie qui a succédé ne fut jamais à la hauteur de ses capacités, à trop chercher le fragile équilibre entre mainstream et underground. Sa réputation, il l’a bâtie au fil des années en affirmant surtout sa présence en featuring, autant que Jada et Sheek Louch réunis. Dix ans après ses débuts en solo, Styles se lance dans un projet bouillant, celui du World’s Hardest MC.

Et là, ça va pas du tout. J’invoque le droit d’être sévère. D’abord comment peut-on s’enorgueillir d’un tel titre avec neuf titres seulement (si on ôte l’intro et l’outro). Ensuite, les beats servis par araabMUZIK, Jahlil Beats, Vinny Idol sont relativement légers. On a même droit à une imitation du style neptunien du début 2000 sur « Monopolizin« . Les prods ne sont pas boom-bap ou Eastcoast au sens propre, Styles patauge encore et toujours dans les choix d’instrus, entre volonté d’avoir des sonorités modernes tout en restant street. Résultat, il opte pour des instrus de 3e zone et pauvrets. Lyricalement, Styles P n’a plus rien à prouver, il n’est plus un challenger. Il débarque sur cet album genre le mec qui voilà, a tout connu tous les games durant sa carrière (« I Know« ), la rue lui a tout appris et il a survécu à tous les pièges. Personne ne dira le contraire. Encore un peu et Koh-Lanta pour lui, c’est de la rigolade, il serait capable de construire un complexe hôtelier avec couteau en bois. Sur chaque titre, il étale son expérience avec son flow chirurgical, mais ça ne casse pas des briques. Il n’impressionne plus tant que ça. Peut-être qu’à trop l’entendre en featuring, on finit par anticiper. Aussi il a contracté cette manie d’ajouter des ad-libs comme Jim Jones le fait. Le point positif (il en faut bien un tout de même), c’est que TWHMCP (pas joli en acronyme j’en conviens) est plus cohérent que son prédécesseur Master Of Ceremonies, sortie qui fut très peu commentée l’an dernier.

Reste que, pour les habitués de rap underground, c’est la douche très tiède. Ce n’est pas le genre d’album qui remettra en cause sa streetcred, cependant pour un projet de rap prétendument le plus hardcore du monde, on en revient au verre de flotte à moitié vide. Si vous recherchez un vrai album rap hardcore et sanglant, penchez-vous sur les albums de Vinnie Paz, pour ne citer que lui.

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