Nicki Minaj « Pink Friday: Roman Reloaded » @½


C’est très exagéré de dire que la First Barbie (qui a dit ‘lady’?) de Young Money rencontre réussie incroyablement grâce à son énorme popotin et son look extravagant, pourtant on n’est pas loin de la vérité. En étant faussement originale, elle rencontre pourtant un succès qui dépasse le monde du rap en collaborant avec des stars internationales comme Madonna ou David Guetta. Nicki Minaj aura permis une chose positive dans l’industrie du disque, c’est le regain d’intérêt des majors pour les rappeuses que l’on pensait en voie d’extinction. Et je crois que c’est tout. Qu’en est-il de son alter-ego Roman Zolanski ?

Roman est la seconde personnalité folledingue qui a fait irruption sur le duo avec Eminem sur Pink Friday. Teint grossièrement éclairci, blonde jusqu’à la racine et maquillage grotesque, voilà son visage tel qu’on le voit sur la pochette, ou en train de se vautrer lascivement dans de la peinture à l’intérieur du CD et livret. Ce prétexte conceptuel de la schizophrénie vu et revu dans le rap sert d’accroche à ce second opus, et a souvent abouti à des albums sans grand intérêt (T.I. vs T.I.P. par exemple). L’album en lui-même possède lui aussi deux facettes distinctes. La première moitié est composé de beats à mi-chemin entre le style sudiste et la nouvelle vogue notamment grâce à la présence de Hit-Boy (l’auteur du tube « Niggas in Paris » de Watch the Throne). En plus de disposer d’instru parfois insipides au possible, Nicki peine à exister même à travers les loufoqueries de son flow qui rappellent curieusement un certain Busta Rhymes dans sa jeunesse (si si je vous assure…). Même ses lyrics aux métaphores faciles (« Come on a Cone« ) nous font soupirer. Les featurings ne font pas sensation non plus, 2 Chainz, Rick Ross, bof, Lil Wayne trouve le meilleur jeu de mot du disque avec « Minaj à trois » (facile celle-là) sur « Roman Reloaded« , Nas (!) qui s’est perdu en chemin sur « Champion » avec d’autres habitués des featuring Young Jeezy, Drake…

Et ça se gâte encore plus sur la seconde partie de Roman Reloaded. D’abord « Right By My Side » feat Chris Brown et « Sex in the Lounge » se sont trompés de catégorie musicale (de r&b à la pop), ce qui arrive malheureusement souvent ces dernières années me direz-vous. Ensuite les cinq titres qui suivent, de « Starship » à « Automatic » on n’est plus ni dans le rap, ni dans la pop, mais de la dance purement et simplement commerciale. Logique puisque le producteur de ces morceaux est RedOne, qui a conçu bon nombre de hits pour Lady Gaga, donc forcément… Après quoi Nicki Minaj ose toucher à l’icône « Marylin Monroe » et s’en prend à ses consoeurs sur « Stupid Hoe » avec une légèreté proche de l »ignorance.

En raclant les couche de mascara, de colorants capillaires et de fond de teint, on s’aperçoit qu’en réalité, Roman Reloaded n’est qu’un remake du premier opus dont les traits ont été vulgairement accentués. Nicki Minaj aura réussi une prouesse qui espérons-le restera longtemps inégalée, celle d’avoir atteint le paroxysme de la superficialité pour un album rap féminin.

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