Travis Barker « Give the Drummer Some » @@@½


Avec Questlove des Roots, probablement l’un des meilleurs batteurs au monde. C’est ce qu’on disait déjà de Travis Barker lorsqu’il évoluait au sein des Blink 182, la formation punk-rock qui faisait (pour certains d’entre nous) office de bande-son dans les soirées beuveries au lycée et à la fac. Lorsque le groupe a décidé de faire un break, Travis s’est occupé de ses divers side-projects et a commencé à porter un regard intéressé au hip-hop. D’abord en remixant une pléthore de morceaux, puis c’est devenu un truc plus sérieux quand il a travaillé sur les singles de Paul Wall, The Game (« Dope Boys »), Warren G (« Let’s Get High »), Lil Wayne, Rihanna… Au grand dam de son public ckeu-ro, Travis Barker parachève sa reconversion avec son premier album, un album majoritairement hip-hop, Give the Drummer Some.

Le premier single, qui est aussi le premier morceau de l’album, n’est qu’un avant-goût pas si représentatif de l’album. « Can a Drummer Get Some » (feat Lil Wayne, Swizz Beatz, Rick Ross & Game) est un aperçu flatteur de ce qui attend l’auditeur : des coups de batterie géniaux, l’élite du milieu rap US pas venu pour faire une banale figuration, des éléments empruntés à la musique rock (guitares électriques principalement)… Exception faite de « Saturday Night » de son groupe The Transplants et Slash. Sur le début du disque, Travis Barker fusionne ses batteries très chargées d’autres producteurs, Swizzy, les Neptunes sur « If You Want To » (imaginez les N.E.R.D. en plus musclé avec des couplets hallucinants de Lupe Fiasco), RZA (« Carry It » avec Raekwon et la guitare de Tom Morello) et Chuck Inglish qui co-produit le très bon titre « Jumps Down » des Cool Kids.

Dans le reste de l’album, c’est lui qui mène les productions avec ses deux baguettes. Il est tellement doué qu’on a l’impression qu’il a quatre bras en réalité. En réaction, la plupart des feats sortent des flows inédits et quelques grosses punchlines, citons E-40, Game, Lupe, les Slaughterhouse (démoniaques tous autant qu’ils sont sur « Devil’s Got a Hold »), le combo Twista/Busta/Yelawolf qui font un concours de sprint sur la septième piste (plus un Lil Jon qui met un coup de boost au refrain). Quand quelques-uns se laissent éclipser (Snoop, Pharrell) et d’autres ne font qu’une prestation convenable (les Cypress Hill ont perdu la pêche, Weezy, Luda, Raekwon…), il y en a qui se distinguent par leur aisance sur ces instrus crossover, notamment Tech N9ne (impressionnant sur l’excellent « Raw Shit ») et Kid Cudi (« Cool Head »). Ces deux-là ainsi que Yelawolf tirent leur épingle du jeu et rendent les morceaux encore meilleurs qu’ils ne devraient l’être.

Comme Mike Shinoda quand il a sorti son projet Fort Minor, les amateurs de hip-hop ont été contraints de reconnaître que le mec était doué, que ce soit au rap et à la prod. C’en sera de même avec Give a Drummer Some. Surtout qu’à une heure où un tas de beatmakers en herbe tentent de faire leur trou dans le rap game avec des drumkits usés et des rythmiques limitées, Travis a eu le culot d’y installer sa batterie à côté de celle de Questlove. Son alchimie rap/rock fonctionne, l’alternative détonne, pourtant rien ne m’étonne vu que la musique est bonne.

4 réflexions sur “ Travis Barker « Give the Drummer Some » @@@½ ”

  1. Je ne l’ai pas écouté, je vais le faire sous peu vu que ta chronique me donne envie. Petite rectification : l’album s’intitule « Give THE Drummer Some » lol

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