Quincy Jones « Q: Soul Bossa Nostra » @@@½


Une Légende Vivante, avec majuscules s’il-vous-plaît. Faut-il présenter encore cet éminent jazzman au nombre incalculable de standards de la Soul et qui a produit Thriller de Michael Jackson, l’album le plus vendu de la galaxie ? Sinon questionnez vos parents ou grand-parents, ils doivent en connaître un rayon sur ce grand monsieur de la black music. Revenu dans le fil de l’actualité depuis la disparition de Michael Jackson, Quincy Jones sort cette compilation Soul Bossa Nostra qui revisite un échantillon de ses classiques par divers artistes urbains contemporains.

La moyenne d’âge des chanteurs soul/r&b et rappeurs sollicités varie autour de la trentaine, mais cet album ne subit pas pour autant les ingrédients artificiels de la musique d’aujourd’hui. C’est Talib Kweli qui ouvre le bal avec le morceau de Jazz « Ironside », très bon choix de MC. Ludacris lui se retrouve, avec Rudy Currence et Naturally 7, sur « Soul Bossa Nostra », un morceau qui lui est familier car il avait samplé l’original ayant servi au thème de la trilogie culte Austin Powers (« Soul Bossa Nova », NdR) pour son hit « Number One Spot » (extrait de Red Light District). Sans surprise, Snoop Dogg pose sur « Get The Funk Out My Face », un exercice qu’il connaît bien car il avait déjà reproduit « Give Up The Funk » de George Clinton sur la BO d’Undercover Brother. Parmi les autres rappeurs en lice : LL Cool J, Q-Tip faisant une brève apparition sur le réussi « Betcha Wouldn’t Hurt Me » avec Mary J Blige, Three 6 Mafia et David Banner sur le bouncy « Hikky-Burr » et enfin T.I et son protégé B.o.B (« Sanford and Son » situé en fin d’album).

Chez les chanteurs aussi, quelques reprises sont critiquables. Akon n’apporte aucune valeur ajoutée à « Strawberry Letter 23 » (prod. Scott Storch) et T-Pain (ab)use de l’autotune sur « P.Y.T. » de Mijac, sauvé in extremis par Robin Thicke. Robin qui est employé aussi sur « Secret Garden » parmi un casting de beaux gosses : Usher, Tyrese, LL Cool J (le rôle de tombeur est celui qui lui convient le mieux) et Tevin Campbell. A la production de ce titre, Jermaine Dupri a transformé le slow original de Barry White en mid-tempo plus moderne. Bebe Winans, Jennifer Hudson et Mary J Blige font honneur à leur statut, de même que Jamie Foxx reprenant aisément « Give Me The Night » de Georgge Benson. En revanche, le titre proposé par Wyclef est fortement dispensable, il aurait mériét d’être recalé avec sa version dance de « Many Rains Ago », pareil pour John Legend qui nous déploie la même énergie que sur Wake Up, c’est-à-dire avec le dynamisme d’une personne atteinte de la mononucléose, voire de la narcolepsie. Oh, et quel moment passé avec Amy Winehouse sur « It’s My Party », bourrée avant que la fête commence !

Si vous pensez à ce disque comme idée cadeau pour votre pépé mélomane, je ne pense pas que ce soit une bonne idée de lui provoquer des troubles cardiaques avec du rap (vous savez les vieux hein…). Il serait plus recommandable de l’offrir à un amateur de jazz afin de l’intéresser à l’oeuvre de Quincy Jones.

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