Rah Digga « Classic » @@@½


Il y a dix ans, Rah Digga était une brut de femcee originaire de Newark. Affiliée aux Outsidaz et repérée pour son talent de tueuse sur le premier volume de Lyricist Lounge à l’époque, elle incorpore le régiment du Flipmode Squad aux côtés de Busta Rhymes et en devient la first lady. Son classique Dirty Harriet est acclamé par la critique, son single « Break Fool » cartonne et l’album est disque d’or. Les autres membres du Flipmode ne feront pas mieux qu’elle.

Son label J Records tire le frein à main sur la carrière de Rah Digga en annulant la sortie de Everything is a Story, malgré un single (« Party & Bullshit 2003 ») et une bonne critique dans XXL. La dernière fois que la rappeuse a été aperçue c’était en 2006 sur « Touch It remix » de Busta Rhymes, avant de se séparer du Squad puis de réapparaître depuis nulle part cette année avec un album entièrement produit par Nottz : Classic.

C’est ainsi que je l’ai détaillé dans ce paragraphe d’intro que l’on pourrait narrer les premières pages du chapitre rap de « The Book of Rashia ». Rah Digga se re-présente comme une sérieuse candidate au top 3 des meilleurEs MCs  avec comme arguments des punchlines à un million de dollars et des beats strictly hip-hop de Nottz. C’est boom-bap ici, « This ain’t no lil’ kid rap », du « Straight spittin’ », pas du rap de divertissement, zero featuring, ça cogne direct dans le lard avec un flow offensif. Se revendiquant comme ce qui manque au rap game, Rah Digga n’est pas là pour donner de leçons, elle n’a rien à prouver comme elle l’assène sur l’égotrip « Classic ». La MC du New Jersey possède derrière elle un héritage hip-hop conséquent et cette mentalité qui se perd, le respect des aînés et l’esprit de compétition, piqûre de rappel sur le old school « You Got It ».

Nottz s’en tire à bon compte. Avec sa dizaine d’instrus, il a radicalisé le style de la rappeuse la rendant plus underground et dangereuse que jamais. Le reproche à propos de cet album vient justement de la production, trop homogène pour un album trop court et qui manque parfois de musicalité, en tout cas pas de bestialité ni de street-attitude. Un titre se démarque totalement du contexte : « Viral ». Plutôt conceptuel, on aurait dit une musique de pub pour du matériel informatique, mais qu’importe, Rah Digga défonce dessus.

Difficile d’être une rappeuse reconnue aujourd’hui quand on ne ressemble pas à une black Barbie. Ah bon, vous croyez ? Classic de Rah Digga en est un bon contre-exemple. Pas le classique prétendu néanmoins cette survivante plie la majeure partie de la concurrence féminine (et castre les parties masculines…) en 33 minutes, seulement.

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