A.G. « Get Dirty Radio » @@@½


Il est des groupes surgis de l’underground new-yorkais durant les années 90 qui sont classés parmi les intouchables, et les emcees qui en faisaient partie bénéficiaient par conséquent d’une certaine immunité. Le crew du D.I.T.C., qui n’existe plus hélas aujourd’hui, en est la parfaite illustration. Fat Joe, le regretté Big L, O.C., Diamond D, Lord Finesse et Buckwild les producteurs, et puis Showbiz et A.G., sont parmis les personnages les plus notables et respectés du monde du Hip Hop aujourd’hui. Concernant le cas d’Andre the Giant, il n’en est pas à son premier coup d’essai, il avait déjà par le passé sorti deux LP avec son comparse Showbiz (Goodfellas en 95 et Full Scale en 98) et un en solo (Dirty Version en 2000). Six ans plus tard, A.G. revient entouré d’une équipe de producteurs réputés (Madlib, Jake One, Oh No, DJ Design, Finesse, et même J Dilla…) pour son Get Dirty Radio (Look Records/2good) afin de planter un étendard DITC en cet automne 2006. Et puisque les radios et les DJ ne sont plus en mesure de passer du vrai Hip Hop, l’idée d’Andre est de faire sa propre programmation.

Chronique originale écrite le 26 Octobre 2006

De son aventure avec les D.I.T.C., il ne garde pour ce 2e solo que son producteur de longue date Lord Finesse, et juste sur un seul morceau (« We Don’t Care »), pareil pour Showbiz (« The Struggle »). Les nostalgiques ne cacheront pas leur amertume. Heureusement, le triplet Madlib, Oh No et le défunt J Dilla lâchent des beats terribles partout où ils passent et A.G. assure ce qu’il faut au mic, le résultat aboutissant à quelques sombres tueries : « Frozen » qui réveille dès la piste 1, « Take A Ride » feat Aloe Blac, « Hip Hop Quotable » et « Gigantic » se démarquent sensiblement à tous les niveaux. DJ Design aussi se débrouille pas mal, capable de sampler des éléments de « Do You Really Want To Hurt Me » de Boy George ( non ne riez pas) sur « A Giant By Step », et de façon admirable. Il arrive toutefois que le choix des instrumentaux soit hasardeux ou ne suivent pas le niveau imposé par des prods élitistes. À moins que vous appréciiez le ragga, on passera à côté de « Say Yeah » (vilaine tentative de titre dancefloor), et des tracks comme « Pray » et « Yeah Nigga » s’oublient vite.

Une sortie en demie-teinte au final, en deçà de ce que l’on espérait d’un album de A.G.. Cela dit, si quelques titres isolés rendent le contenu de Get Dirty Radio un peu inégal, des bombes telles que « We Don’t Care », « Frozen » ou « Gigantic » valent largement l’écoute. Et puis, il faudra se faire une raison pourtant, l’époque du D.I.T.C. est derrière. Est-ce que cela influe sur les qualités de A.G. pour autant ? Pas tant que ça, tout est différent mais rien ne change fondamentalement.

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