Field Mob « Light Pole and Pine Trees » @@@½


Nouvelles recrues de l’écurie Disturbing Tha Peace, les Field Mob (Shawn J et Smoke) ne sont pas des petits nouveaux pour autant. Leur début de carrière fut un désastre, en cumulant échecs commerciaux et déroute artistique chez MCA, où était sorti ‘From tha Roota to tha Roota’ en 2002. C’est Ludacris en 2005 qui a offert à ce duo d’Albany l’opportunité de percer grâce à l’hymne « Georgia », déjà culte. Annoncé grâce au tube signé Jazze Pha, « So What » feat Ciara pour la touche r&b, ‘Light Pole and Pine Trees’ (DTP/Geffen/Polydor) devait rallier les Field Mob avec le succès.

Venus des recoins ruraux de la Géorgie, les Field Mob s’inscrivent eux-mêmes dans le genre New South (comme Bubba Sparxxx) plutôt que Dirty South. Shawn et Smoke sont deux individualités très complémentaires, un binôme de lyricistes doués aux flows aussi atypiques que distincts avec de surcroît un bon sens de la formule (« I’m not fifty cent/but I got bucks in tha bank »). En écoutant « At The Park » ou le futuristique « Friday Night »*, on ressent une certaine influence des Outkast en matière de créativité et de style, au niveau des refrains chantés hérités du gospel. Certes, il est vrai que les thèmes se rapprochent de ce qui se fait actuellement dans le sud, à savoir les ballades sur jantes chromées (« My Wheels ») et la sexualité décomplexée (« Baby Bend Over » et le très cru « Eat’em Up, Beat’Em Up »). Le relationnel par contre y est raconté d’une manière plus sincère, lorsqu’il s’agit de parler des rumeurs qui encombrent la vie de couple (« So What? ») ou encore de tolérance pour les différentes couleurs de peau (« Blacker the Berry »).

‘Light Poles and Pine Trees’ est principalement produit par Ken Jo, ce qui justifie l’homogénéité de cet album. S’il se fait plaisir avec ses boîtes à rythmes, c’est surtout au niveau des samples que notre producteur s’est permis quelques folies. De la musique classique aux classiques de la soul en passant par le patrimoine hip hop, rien n’a été épargné. Ils ont déjà osé sampler Ray Charles grâce à Jamie Foxx pour « Georgia »* mais ça ne leur a pas suffit. Les deux exemples les plus flagrants sont le superbe « Smilin » avec le patron Ludacris, qui renouvèle à merveille « It’s a Man’s World » de James Brown, et « Area Code 229 » qui reprend facilement du Verdi. Des extraits de « Keep Ya Head Up » de 2Pac se retrouvent sur « Blacker the Berry » et les 8Ball-MJG sur « 1,2,3 », même le rap se sample lui-même de nos jours. La boucle est bouclée, c’est le serpent qui se mord la queue. Le R&B aussi se recycle, mais c’est plus catastrophique lorsque les Field Mob gueulent comme des mauvais rockeurs le « I hate you so much right now » de Kelis. Souhaitons-leur d’avoir de bons avocats pour avoir eu recours à ces samples parce que ce n’est pas malheureusement avec leurs faibles scores de vente qu’il vont rentabiliser.

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