Missy ‘Misdemeanor’ Elliott « Supa Dupa Fly » @@@@½


Quand un des jeunes producteurs les plus géniaux du hip hop américain rencontrait son âme soeur créative et hors-norme, cela donna naissance à ‘SupaDupaFly’. Nous sommes aux alentours de de 1996/1997, Timbaland, qui faisait déjà figure d’élite des producteurs grâce à sa ghostproduction pour les Jodeci et ses productions r&b pour Ginuwine (The Bachelor) et Aaliyah (One in a Million), a réalisé le rêve de son amie Missy Elliott avec ce premier disque. Et pour ne rien faire comme personne, ‘SupaDupaFly’ est une oeuvre cross-over rap/r&b, fusionnant le flow et le chant, samples et beats syncopés ultra-novateurs, beat-box cosmique et synthétiseurs orgasmiques. Bienvenue en avance dans un millénaire nouveau.

Avec juste ce qu’il faut d’expérimental, ‘SupaDupaFly’ mettait en œuvre ce que Timbaland pouvait déjà faire de mieux en matière de production en ce millésime 97, le tout guidé par la fantaisie de son alter-ego féminin. Tout le monde se souvient de grosses claques « Sock It 2 Me » et « The Rain », qui samplaient respectivement « Ready or Not » des Delfonics et « I Can’t Stand The Rain » d’Ann Peebles. Claques auditives comme visuelles avec des clips incroyables signés Hype Williams mettant en scène les chorégraphies ultra-originales de Missy. La fille aux formes assumées ne mâche pas ses mots et ses allusions mises en scène par Timbo comme sur le bouncy  « Beep Me 911 » (avec les 702 et l’ami Magoo) créent un véritable fantasme virtuel. Comment résister à ce beat mortellement sexy expirant des soupirs de plaisir. Vous l’aurez compris, sur ce premier disque, Missy Elliott rappelle à l’ordre la gente masculine et montre à quel point il est difficile de lui marcher sur les pieds (« They Don’t Wanna Fuck Wit Me »).

Epaulée par des rappeurs de marque tels que Busta Rhymes (qui ouvre et conclut l’album), Lil Kim, Da Brat, les chanteuses des 702, Missy et Timbo n’en oublient pas non plus de faire participer leur groupuscule d’amis proches. À commencer tout d’abord par la très regrettée Aaliyah, toujours aussi touchante et resplendissante d’humilité sur « Best Friends », et le duo homme/femme avec Ginuwine (« Friendly Skies »). Timbaland sait se mesurer un peu au micro mais excelle aussi en matière de « boite vocale », comme le pont sur le très groovy « Pass Da Blunt » par exemple, avec sa couche bien grasse de basse et ce clin d’oeil à Musical Youth. À vrai dire, les bruitages buccaux font partie intégrante de sa technique de production, c’est une de ses nombreuses marque de fabrique qui rend sa patte unique et organique. Cet album est aussi le seul de Missy intégralement (co-)produit par Timbaland où celui-ci a le plus recours au sampling (The Cookbook étant un cas à part). Il y a même un sample de Jamiroquai (« Morning Glory« ) sur « Bite Our Style« !

Impossible de passer à côté de ce ‘SupaDupaFly’ tellement cet album est incontournable et a littéralement changé la vision du rap et du r&b. Missy Elliott a fait une percée incroyable dans le milieu en bousculant les règles établies, de même pour Timbaland qui enfonçait une bonne fois pour toutes le clou et confirmait ses réels talents cachés. Dans tout les cas, les deux amis se promettaient une belle carrière internationale d’entrée, et ne laisseront jamais personne indifférent.

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