Jay-Z « Vol. 3… Life and Times of S. Carter » @@@@½


Troisième et dernier volume de cette trilogie ‘Life‘ en beauté : Life & Times Of Shawn Carter. Si on considère In My Lifetime comme le passé, Hard Knock Life le présent, ce Volume 3 est indiscutablement le futur. (Note de l’auteur: cette idée de passé, présent, futur sera reprise pour la trilogie Blueprint). Une fois de plus, nous avons affaire là à l’un de ses albums les moins débattus mis à part les tubes qui en découlent. Pourtant, certains iront jusqu’à considérer cette conclusion comme son meilleur opus depuis Reasonable Doubt, sans faire l’unanimité sur la question de si cet album est un classique ou non dans la discographie de Jay-Z.  Une fois de plus, le MC brooklynite ne manquait pas d’idées et de ressources sur cet opus qui sera récompensé par une nouvelle victoire aux Grammy Awards en 2001, toujours en catégorie Best Rap Album.

Retrospective écrite en 2004 revue en 2016

Ce qu’il y a de surprenant avec cet album, en l’écoutant plus de quinze ans après sa sortie, est qu’il possède toujours une longueur d’avance. Et pourtant on vous avait prévenu puisqu’il était qualifié de hautement avant-gardiste à sa sortie fin Décembre 1999. Une des raisons : un Timbaland extrêmement novateur et un Swizz Beatz des bons jours sur la moitié de l’album. Les autres producteurs qui se partagent les gros restes sont Rockwilder (en plein boom avec « Da Rocwilder » de Methodman et Redman). Comme à l’accoutumée dans cette trilogie, c’estDJ Premier qui inaugure cet album, juste après l’intro « Hovah » (qui ontraction de son nouveau surnom biblique Jayhovah), avec l’excellent « So Ghetto« , à base de beat sec, notes graves de piano et guitare sèche. Ensuite, l’expérience peut démarrer concrètement, une expérience qui a nécessité pas mal d’écoutes pour rejeter ou apprécier ce Life & Times of S.Carter si spécial.

Comme il est dit, Timbaland s’occupe d’une partie gros œuvre (le quart). A commencer par le tube addictif « Big Pimpin » avec les UGK, mêlant sonorités électroniques, flûte indienne (son dada à l’époque) et bounce sudiste. Un vrai cocktail dansant qui marque la connexion East/Dirty South avec Bun B et Pimp C, les références texanes (avec Scarface). Jay-Z fait aussi le course au flow le plus rapide avec Twista sur l’uptempo monstrueux « Is That Yo Bitch ?« , avec Missy Elliott au refrain s’il-vous-plaît. A l’inverse, Timbo peut satisfaire le future King de New-York avec le downtempo « It’s Hot (Some Like It Hot)« , où il disse un 50 Cent encore inconnu  en une demie rime : « I’m bout a dollar/what da fuck is 50 Cent ? ». Avant de redécoller dans des symphonies synthétiques de « Snoopy Track » avec la vedette de Cash Money Juvenile au refrain (autre signe de réchauffement des relations avec le Sud), passons au morceau le plus expérimental réalisé par Jay-Z sur cet opus : « Come & Get Me« . Composé de deux mouvements, le premier dégage une ambiance seventies à travers son beat asymétrique, avant de transiter dans un monde parallèle plus hardcore et contemporain. Inutile de rappeller que Hovah mène la baguette habilement du début à la fin de ce morceau magistral.

Ensuite, on a le droit à du moins bon, ou du plus conventionnel c’est selon. D’abord un duo avec Mariah Carey (« Things That U Do » et son sample de flûte chopé par Swizz Beatz) qui renvoie la balle à Jay-Z pour avoir collaboré sur « HeartBreaker » (extrait de Rainbow). Avoir un titre r&b était une figure imposée quand on sortait un disque autour des années 2000. DJ Clue signe l’une de ses meilleures productions avec « Pop 4 Roc« , avec la familia Roc au grand complet : Amil, Memphis Bleek et Beanie Siegel (et DJ Clue donc). Et pour montrer encore plus sa suprématie, « S. Carter » rappe « S dot Carter/You must try harder/competition is none », sur un beat de Swizzy de nouveau. On a droit aussi à un remake de « Hard Knock Life » avec « Anything« , histoire d’exploiter le filon ‘choeur d’enfants’ une ultime fois (ce morceau caché est paru tout de même en single). Pour terminer en citant d’autres tueries : le club banger « Do It Again » signé Rockwilder avec le vilain Beanie Sigel (et ce couplet incroyable de nightlife de Jay-Z), « Dopeman » où Jigga se clame le porte-parole du ghetto, et enfin « NYMP » (encore Rockwilder à la prod) qui sonne bien New-York.

Plus les deux bonus tracks signées Swizz Beatz (encore!) : le rose « Girl’s Best Friend » passablement ennuyeux et « Jigga My Nigga » avec un refrain non-crédité de la rappeuse Eve. (Note : la version US de l’album contient la track « Watch Me » avec Dr Dre, inédite en Europe). L’impact de cet album a été relativement faible au niveau des ventes : seulement platine. Cela dit, c’est avec une oreille assez curieuse et fine qu’on saura définitivement adhérer à l’énorme potentiel de ce Volume 3 sur le plan musical et par rapport à l’adaption unique du flow de Jay-Z et de ses lyrics fort bien manipulés. Fin du chapitre.

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