Ice Cube « Lethal Injection » @@@@½©


1992-93 ont été des années importantes puisqu’elles furent les débuts de la propagation du G Funk de Dr Dre sur toute la côte ouest américaine puis sur l’ensemble du territoire américain. Désormais, si on voulait faire du son rap westcoast, il fallait s’armer de grosses basses, de synthés aigus ou encore de samples bien gras de P Funk pour que le charme agisse. Et finalement Ice Cube s’est laissé séduire par ces nouvelles sonorités pour entrer dans le moule avec ‘Lethal Injection‘, successeur de ‘Death Certificate‘ que la plupart de ses fans considère comme son meilleur album.

On associe souvent cet album de Cube avec l’immense « Bop Gun » sous-titré « One Nation Under a Groove« . George Clinton, le roi du P Funk par excellence, présent en chair et en os, ré-insuffle toute l’essence à cette revisite rap de son propre standard qui ne fait pas dans la demi-mesure (plus de dix minutes de frénésie musicale). Message positif et chanson ultra-funky, c’est assurément une classic track incontournable des hip-hop golden years.

Ice Cube a perdu pendant cette transition stylistique vers le gangsta-rap un peu de son engagement. Malgré un intitulé qui rappelle que certains états d’Amérique du Nord utilise encore la peine de mort, avec cette image effroyable d’une injection létale sur son propre fils (O’Shea Jackson Jr), le rappeur s’est rangé dans un style plus smooth, c’est-à-dire suave traduit littéralement, et c’est d’ailleurs le principal reproche qui a été formulé à l’encontre de ce quatrième LP. Le résultat reste néanmoins très convaincant : « You Know How We Do It » est très agréable et estival, la course-poursuite « Ghetto Bird » avec les flics en hélico, « Lil Ass Gee » et « Really Doe » sont des preuves que Cube a su s’adapter en conséquence au son en vogue véhiculé par les 6’4 qui blastent The Chronic de Dr Dre. Il fallait bien ça pour concurrencer Doggystyle de Snoop Doggy Dogg qui sortait ce même mois de Décembre 1993 et allait tout rafler sur son passage.

Le tempo a baissé par rapport à ses premiers albums, de même pour le niveau général. ‘Lethal Injection‘ intéressera davantage les amoureux de G Funk au détriment de ceux qui appréciaient la férocité de son flow et la véracité de ses lyrics. Mais ce n’est pas parce qu’on parle de son album le plus accessible qu’il ait sorti dans les années 90 qu’il faut le sous-estimer. À la suite de quoi, Ice Cube se tourna vers le cinéma avec Friday de F. Gary Gray qui connaîtra son petit succès (et lancera la carrière de  Chris Tucker) sans laisser le micro puisqu’il produira son groupe Da Lench Mob et sortira l’énorme bombe Bow Down du super-trio Westside Connection qu’il forme avec WC et Mack 10. Il faudra attendre 1998 pour un retour en solo.

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