Guru’s Jazzmatazz « Streetsoul » @@@@½


Après la Soul et Jazz, le troisième volet des Guru’s Jazzmatazz  Streetsoul propose comme thématique de fusion entre la Hip Hop et la Nusoul, le courant émergent dans la seconde moitié des années 90, très apprécié des férus de Soul/R&B et qui se développait à une vitesse folle. Le concept reste identique aux volume précédents : Guru supervise ce projet en proposant ses instrumentaux d’autres producteurs participants à l’album. Ensuite il pose son flow clair et ses raps intelligents à côté d’une sélection d’artistes représentants majoritairement la nouvelle génération soul music, dont une bonne partie issue du mouvement Soulquarian.

De ce savant mélange ont abouti des délices pour notre sens auditif comme le single soul/rap « Keep Your Worries » avec Angie Stone (Madame D’Angelo à ce moment-là) produit par DJ Scratch, et « Plenty » sur laquelle Erykah Badu sublime la vibe jazzy de la chanson. Les Gangstarr se reforment le temps d’un « Hustlin’ Daze » invitant Donell Jones sur une instru magique signée DJ Premier (on aura deviné), tandis que Jay Dee a/k/a J Dilla embarque avec lui Bilal pour un « Certified » de qualité. Les The Roots, surfant sur le succès de « You Got Me », font une apparition sur « Lift Your Fist », Black Thought exécutant une belle passe d’arme aux côtés de Guru. Plein de très bons moments de musique.

Parmi les jeunes pousses en pleine ascension, on retrouve l’équipe The Neptunes qui cartonnaient avec leur recette à base de cases claires, gratte sèche et synthétiseurs. Le phrasé de Guru et la voix cassée de Macy Gray se marient à merveille sur le candide « All I Say », où l’on peut même entendre Pharrell Williams sur la fin du morceau. Lui et Chad ont eux aussi ramené sous le bras leur petite protégée, leur égérie Kelis (« Supa Love »). La moyenne d’âge augmente significativement avec la venue de Monsieur Shaft, j’ai nommé Isaac Hayes, englobant son aura et sa voix de baryton autour de « Nightvision », et puis le génial Herbie Hancock nous honore de sa présence pour un « Timeless » d’anthologie. On pourrait même déceler des influences de feu Barry White sur le refrain de « Where’s My Ladies ? » feat Big Shug, au chant.

Après les échos positifs reçus suite à la collaboration avec MC Solaar sur « Le Bien, Le Mal », Guru continue son expansion internationale sur ce Jazzmatazz en important des artistes européens, et la francophonie est bien sûr mise en valeur grâce aux Nubians. Les chanteuses françaises jouissaient d’un succès inattendu aux Etats-Unis en 2000, leur disque avait fait même disque d’or et fut récompensé par un Soul Train Award. L’anglais Craig David n’a pas non plus à rougir de sa prestation sur « No More », Guru lui offrant une instru ‘taylormade’ (traduisez ‘sur mesure’). En somme, ce Streetsoul est un arbre à plusieurs branches à regarder des racines jusqu’aux fruits frais, un album qu’on pourrait qualifier de visionnaire, ‘soul d’ouverture’.

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