Busta Rhymes « The Coming » @@@@½


The Coming est le début des aventures fracassantes de Trevor Smith alias Busta Rhymes, surnom duquel il a été baptisé par Chuck D des Public Enemy. Le Dungeon Dragon s’est libéré de ses chaînes de son groupe les Leaders of the New School après cinq ans de bons et loyaux service pour répandre une parole prophétique qui contrastait avec son énergie délirante. Les trentenaires comme moi ont découvert ce trublion aux dreadlocks et à la gueule pas croyable sur MTV avec le vidéoclip clownesque « Woo Hah!! Got You All In Check« , affublé d’un sample tout aussi mutin de « Space » du grand Galt McDermot (le compositeur de Hair).

Nous sommes en Mars 96, période charnière pendant laquelle le hip-hop passe de l’âge d’or à l’âge de platine. Plus précisément à New York, dans les quartiers de Brooklyn d’où provenait le Roi de la ville Notorious B.I.G.. Ready To Die était joué partout et Busta connaissait assez bien Biggie pour avoir fréquenté le même lycée et participé sur le remix de « Flava In Ya Ear » de Craig Mack. De cette connexion résultera deux collaborations avec le producteur Easy Mo Bee, sur cet opus. Ce maître d’oeuvre de Ready To Die permet d’exposer le flow grandiloquent du rappeur sur « Everything Remains Raw » et de faire preuve de versatilité avec le très cool « It’s a Party » avec les Zhané (duo groove plus en vogue qu’En Vogue). Busta essaiera de reprendre le style d’Easy Mo Bee sur « Abandon Ship » en mettant sa casquette de producteur (qu’il utilisera peu souvent), les doigts dans le nez, l’instru relativement obscur est très efficace.

Busta Rhymes était aussi (et demeure toujours) un proche des Tribe Called Quest pour qui il avait réalisé une perf de feu sur le légendaire « Scenario« . Quoi de plus normal d’embarquer The Ummah (le pool de producteurs formé de Q-Tip/The Abstract, Ali Shaheed et le jeune padawan Jay Dee) sur The Coming. Ils créent ensemble une « Ill Vibe » démentielle avec ces contre-basses tout en rythme et ce « Still Shining » qui définit parfaitement le style Native Tongues lounge à souhait. Le terrain idéal pour entendre des couplets de folie de notre rappeur d’origine jamaïcaine. Ce premier album de Busta a été également le tremplin de DJ Scratch (qui officiait jusqu’à alors pour les EPMD) en lui faisant confiance pour démarrer et achever le disque (l’intro, « Do My Thing » et « The Finish Line« ).

Nouvelle carrière, nouveau crew : le Flipmode Squad. Lord Have Mercy, Spliff Starr et plus particulièrement Rampage apportent chacun leur contribution sur ce premier opus, avec en prime en piste 9 une confrontation avec le Def Squad pas au complet (il y a Keith Murry, Redman mais pas Erick Sermon), ce pendant plus de huit minutes. De toute façon le Flipmode n’était pas encore au complet cette année-là, la rappeuse Rah Digga sera recrutée plus tard, idem pour Roc Marciano. En revanche tous les Leaders of the New School répondent présents sur « Keep It Moving« . Mis à part l’interlude sexuel à la fin de la piste de « Hot Fudge » (qui s’avère gênant au point qu’on se précipite pour appuyer sur la touche « skip> »), l’auditeur restera scotché par les prestations hors-normes de ce sacré personnage qu’est Busta. À tout jamais. The Coming, un classique rap pas parfait.

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