Busta Rhymes « Genesis » @@@@½


Chaque année depuis 1996, Busta Rhymes sortait coup sur coup un disque solo de haute teneur, ce qui lui permettait de rester constamment dans les charts et parmi le top10 des rappeurs new-yorkais. Hélas ‘Anarchy‘, sorti dans les dernier rayons de soleil du XXe siècle, n ‘a pas fait l’unanimité. Trop avant-gardiste ou trop décalé? Là n’était pas la question, notre rappeur avait besoin de renouveau. La providence a voulu qu’il fusse signé sur J Records, le label que Clive Davis venait tout juste de créer en 2001. ‘Genesis‘, c’était une seconde chance, celle d’un Busta Rhymes 2.0, régénéré après le cataclysme de l’an 2000. Son entourage du Flipmode Squad reste le même, cependant l’équipe de producteurs a évolué pour aller dans une nouvelle direction.

Rétrospective écrite en 2006 revue en 2016

Tout d’abord, il a fallu créer le buzz pour que Busta redevienne le rappeur le plus en vue et le plus adoré. Aussitôt dit, aussitôt fait, grâce à un instru d’une fraicheur innovante des Neptunes, « What It Is » feat Kelis. Ce single qui figurait sur la deuxième compilation éditée par Violator a tellement bien marché que ne pas le mettre sur ce cinquième disque aurait été un sacrilège. Tel un phoenix, Busta Rhymes est revenu sur le devant de la scène grâce à ce come-back fracassant. Les Neptunes sont validés et ce n’est que le début. Et que dire ensuite lorsque Dr Dre, tel Midas transformant tout ce qu’il touche en or, vint réaliser une production sur mesure pour Busta, l’up-tempo « Break Ya Neck » (co-produit par Scott Storch ne l’oublions pas), qui fit un véritable malheur. Première collaboration entre nos deux légendes vivantes et consécration immédiate. Les auditeurs en étaient devenus complètement guedins du flow de Busta Rhymes faisait la course sur cet uptempo légendaire.

Ce n’est pas tout. Le docteur californien dans le rôle du chef d’orchestre et sa clique de producteurs (Storch et Mel Man) n’avaient pas qu’une seule chanson dans leur contrat mais un véritable arsenal à fournir. Busta et eux ont bossé non-stop durant trois jours sans fermer l’oeil de la nuit pour en arriver à ce résultat-là. Il y a donc « Truck Volume », totalement délirante avec ses synthés qui vont decrescendo, un morceau devenu culte dans la discographie de Busta Rhymes, et puis le beat down-tempo de « Holla » (qui finira sur la BO de The Wash) et sa mélodie westcoast, à l’opposé de l’énergique « Break Ya Neck ». Pour complèter l’artillerie lourde machinée dans le bastion Aftermath, « Bounce » met en alerte côté à la fois street et classique grâce aux violons proéminents, assortis de moogs. Ces morceaux qui correspondent tout à fait au personnage de Buss-a-buss sont stratégiquement placés en milieu d’album afin de ne pas créer ce phénomène de creux récurrent sur les gros disques solides.

Parmi la liste impressionnante de producteurs, Just Blaze ne fait pas figure à part en tant que rookie puisqu’il venait juste de travailler sur le classique ‘The Blueprint‘ de Jay-Z sorti quelques mois auparavant. Pour l’anecdote, il avait même participé à ‘Anarchy‘ alors qu’il n’était encore qu’un inconnu. Il est chargé sur ce disque d’enchaîner après l’intro avec « Everybody Rise Again » avec un Busta Rhymes grandiose et fédérateur dès qu’il se met à chanter sur le refrain. Après quoi, sa tâche a été de réunir le Flipmode Squad au grand complet sur la boucherie « Match The Name With The Voice » pour clôturer Genesis. On peut compter aussi sur les amis Nottz (qui signe un autre gros hit, j’y reviens après) et Jay Dee a/k/a J Dilla sur le morceau-titre éthéré « Genesis » et le bounce futuriste « Make It Hurt ». Avec Dilla, soit on a droit à des beats dans l’esprit Native Tongues, soit des instrumentaux avant-gardistes comme ceux-là. Le rappeur a également fait appel au géant Pete Rock pour remettre au goût du jour « Shut’em Down », version moderne du classique des Public Enemy.

Côtés bangers, Rah Digga vient cracher son venin sur le duo « Betta Stay Up At Your House » (samplant Curtis Mayfield), bien vu pour la First Lady du Flipmode dont la reconnaissance n’atteint pas malheureusement l’égal de son talent (ce malgré Dirty Harriet qui a frappé très fort). Un son qui a été efficace dans les clubs, c’est bien « There’s Only One » avec la Reine du Hip Hop Soul en personne, Mary J Blige. Mais encore une fois, ceux qui se sont fait le plus remarqués, ce sont les Neptunes, ébourriffant d’ingéniosité avec le monstrueux « As I Come Back » (clin d’oeil à une de ses apparitions mythiques avec les Tribe Called Quest). Puis ils ont remixé « Pass The Courvoisier ». Ce ‘part 2’ a été un autre gros carton de ‘Genesis‘, alors qu’elle ne figurait pas sur la tracklist d’origine, juste sur la réédition. Avec le refrain de Pharrell en plus, ce hit a été nominé Meilleur Duo aux Grammy Awards 2003. La version d’origine avec Puff Daddy pourtant un vrai tonnerre conçu par Nottz. Avec un tel niveau, ‘Genisis‘ contient quelques chansons présentant moins d’intérêt, comme « Ass On Your Shoulders » feat Kokane et « Wife in Law » (qui a été effacé de la réédition si je ne m’abuse).

En définitive, ce changement de cap n’a en rien changé la vision artistique ou les habitudes de Busta Rhymes au micro, ce mec reste et restera (enfin pas toujours) phénoménal. Il est important de constater que les super-producteurs ont bien joué le jeu. ‘Genesis’ c’est l’album du renouveau avec toujours ce grain de folie propre au rappeur. Pour de nombreux passionnés de rap, ‘Genesis‘ est le meilleur disque de Busta.

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